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Challenge: Sous le Sunlight de Marseille (Voile Mag 253)

photo voile magazine 253

Un défi marseillais, un Pogo 30, un équipage motivé et du mistral. . . Tous les ingrédients étaient réunis pour relever le challenge de la Sunlight Islands’ Cup.

Texte: Sidonie Sigrist. Photos: Antoine Beysens.

Article paru dans Voile Magazine n°253 – janvier 2017.

SYCOM-SAILEAZY: L’UNION FAIT LA FORCE

Nous vous avons déjà parlé de SailEazy, ce concept de voiliers en libre-service développé à Marseille par Grégoire Guignon. Grâce un abonnement mensuel

Les mensualités sont variables en fonction de la période de navigation -, l’abonné accède, via une application, à une flotte de voiliers entretenus et disponibles à l’heure ou plus, pour profiter d’une fenêtre météo après le boulot. Or à l’occasion de la Sunlight lslands’Cup, la start-up s’associe avec le Sycom pour proposer une formule « challenge » sur mesure. Comment ça marche ? SailEazy a offert un abonnement au Sycom. Si bien que les membres du Sunlight Yacht Club of Malmousque pourront accéder au tarif abonné sans verser de mensualités et tenter ainsi de relever le défi. Avant de prendre la barre du Pogo 30, du First 30 ou du Sunfast 3200, lesdits membres devront être validés « chefs de bord », à savoir justifier d’une expérience nautique confirmée. La suite du programme est assez simple : prise en main du bateau la veille, entraînement le matin et record l’après-midi. Compter 396 € pour barrer le Pogo 30 pendant 24 heures, un tarif sans surprise incluant l’assurance, le carburant, le spi et le ménage. Une petite somme à partager entre copains pour mettre un peu de sel dans le programme de navigation !

Infos en ligne : www.saileazy.com ou par téléphone : 04 84 25 62 97.

UNCHALLENGE SE PREPARE

en amont.  » Comme tout reportage « , martèlerait Rubi, notre illustre collaborateur, dans un halo de fumée. Il ne s’agit pas tant d’une préparation physique – nous envisageons une boucle d’une vingtaine de milles dans la rade de Marseille, pas vraiment un tour du monde en solitaire. C’est avant tout une question d’organisation pour parvenir à accorder les agendas et bloquer des dates d’astreinte où chacun, rivé sur les prévisions météo, est prêt à embarquer. Mais à Marseille, la fenêtre météo en cette saison, c’est souvent un hublot. une parenthèse enchantée entre la cartouche de mistral et la désolante molle. Après un faux départ en octobre, nous voilà donc début novembre, équipage au complet et en complet cirés. Le mistral a balayé la douceur de l’air pour l’hiver. « Ça va être génial ». L’enthousiasme inoxydable d’Antoine Beysens est communicatif. Ce Marseillais d’adoption a plusieurs casquettes mais il ne rentre dans aucune case. Photographe, il est aussi à l’origine du mythique Sycom – pour Sunlight Yacht Club of Malmousque.
Ce Yacht club, affilié à la FFV, est un balcon sur l’anse de Malmousque. La nuit venue, à l’heure de l’apéro, il devient un repère des amoureux de la mer, mais pas que. On y sirote des verres en refaisant le monde ou la manche, de régate. Quant à ses fêtes, la légende de pontons raconte que l’on sait à quelle heure on y arrive mais que l’on ignore souvent comment on est rentré… Entre ses navigations et ses séances photos, Antoine a eu l’idée de créer, avec Gilles Sagot, la Sunlight Islands’ Cup il y a trois ans.
Ce record est perpétuel, ouvert à toutes les embarcations sur un parcours de près de 20 milles « balisé » à l’année. Et pour cause, il ne s’agit pas de virer à une bouée mais de contourner les îles qui décorent la rade. Le départ se situe entre la tourelle de Canoubier et l’îlot des Pendus, face à l’anse de Malmousque. Il s’agit ensuite de contourner Pomègues, Ratonneau et l’île Maire, d’enrouler Riou et de franchir la ligne de départ à l’arrivée (voir la carte). Le parcours peut se faire dans les deux sens, seule la trace GPS fait preuve de bonne foi. Vous pouvez aussi embarquer, comme nous, Antoine Beysens pour qu’il valide votre chrono en temps réel ou trouver d’autres équipiers motivés en traînant vos chaussures de pont au Sycom (ou ailleurs).
Ce challenge a été créé pour pimenter les aventures côtières et titiller la fibre compétitive sans se prendre la tête. Mais il a aussi été imaginé par un homme boulimique d’aventures et cumulard d’histoires, toujours prêt à embarquer avec son boîtier.

photo-article-voile-mag-1216

OUVRIR LE BAL DES 30-35 PIEDS

D’ailleurs, il n’a pas hésité à grimper à bord de SFS Il, le VOR 70 de Lionel Péan, le premier à boucler le parcours dans la classe des
70-75 pieds en un temps encore record de 1h37. D’autres ont suivi, comme Nicolas Magnan et son équipage sur la classe
des 40-45 pieds sur un Vaton 44 en 2h36.
Une classe Solo s’est même créée et trois temps ont déjà été enregistrés dans la classe des 40-50 pieds…
Pour notre part, pas de solo ni de Péan à la barre mais un équipage bien motivé pour ouvrir, le plus dignement possible, la classe des 30-35 pieds sur un Pogo 30, mis à disposition par SailEazy, partenaire du Sycom (lire encadré). Au casting, nous avons à la barre et à la tactique Fabrice Merle, fin régatier et habitué, entre autres, des bords en J/111 ; au piano et à l’ embraque, Grégoire Guignon, le cerveau du concept SailEazy ; et à l’avant, Jean-Louis Jeannin, passionné de voile et amateur de défis ambitieux. Côté météo, les fichiers annoncent une bonne quinzaine de nord-ouest établi pour midi, prévision qui s’avérera pessimiste. Il nous reste donc à définir le sens du parcours. L’option nord est privilégiée, avec un départ au près afin d’abattre ensuite au large de la pointe de Banc et débouler au spi sur un ou plusieurs bords. Cette route nous permet d’éviter un retour laborieux au près, au large du Frioul, dans une mer forcément plus exposée à la houle qu’à l’abri de la rade. Nous allons emprunter le même sillage que Péan, sur une tout autre monture. Après quelques bords de chauffe et de show pour notre photographe, nous prenons le départ. A la différence d’une manche de régate, nous n’avons personne avec qui nous comparer, aucun concurrent à marquer, viser, chercher. Cela suppose d’être autrement plus concentré sur l’affinage des réglages et sur la fluidité des manœuvres. Et c’est peut-être là où le bât blesse. La pointe nord de Ratonneau est rapidement dépassée, nous abattons et envoyons le spi. Jusque-là, rien à signaler. Au sud de Pomègues, nous nous préparons à l’empannage, histoire de rester sur la layline et d’aller voir si les effets de sites entre les îles Maire et Jarre nous seraient favorables. Le vent a fraîchi et l’anémomètre affiche plus d’une vingtaine de nœuds. Il manque un peu d’huile dans les rouages de notre empannage mais « ça passe » comme dirait l’autre. Nous glissons désormais vers l’île Maire, avec une belle moyenne de 12 nœuds. Et là, nous préparons notre deuxième empannage, avec une pointe d’appréhension. La partition de la manœuvre ne s’effectue pas tout à fait comme prévu. Un tangon capricieux, un coup de barre maladroit et un spi qui finit par nous jouer des tours, et des tours autour de l’étai. « Le spi, c’est comme un chien, ça sent quand tu le crains et après ça t’emmerde ». Passée cette remarque pertinente, il s’agit de faire face. Sur la plage avant, Fabrice et Jean-Louis tentent de dérouler à la main et en vain : la voile s’est vrillée serrée dans les hauteurs. Se pose donc, brièvement, la question de monter en tête de mât pour régler le problème de là-haut. « Qui est le plus léger ?» fait mine de demander Fabrice en me regardant tandis que j’observe l’étai d’un air très inspiré. Mais maintenu sous la fausse panne, le spi finit par se déployer, aidé à l’avant. Nous l’ affalons partiellement pour le renvoyer aussitôt. Pendant cet épisode « étai VS spi », nous avons perdu du temps et du cap. Mais nous n’étions pas pour autant au point mort : la grand-voile nous maintenait en moyenne à 7 nœuds. Et c’est déjà ça, tente-t-on de se rassurer.

map-parcours

NE RIEN LACHER JUSQU’A LA LIGNE

Après Riou, nous affalons le spi pour dérouler le grand Congloué. Forcément, la remontée est fraîche et humide. Reste qu’au rappel, entre deux bouchées de jambon-beurre et autant d’embruns qui vous glacent par surprise, c’est l’occasion d’en savoir plus sur ses copains de bord. Des conversations de mer forcément hachées : « parés à virer ? » « Lofe, ça adonne » « tu disais ? ». Calé sur les filières, Jean-Louis déroule le récit de sa dernière tentative pour battre le record Marseille-Carthage. Dernière tentative parce qu’il avait déjà tenté le joli coup à deux reprises, avec son équipier Dominique Tamalet. Un safran casséen 2012, puis en 2013, c’était au tour d’Eole de saper leurs espoirs. Pas abattus pour autant, les compères ont retenté le coup en juin 2015, sur le Hobie Cat Fox racheté à Yvan Bourgnon, jusqu’alors détenteur du record établi en 2010. Ils avaient même pris de l’avance par rapport à leur illustre prédécesseur. Mais leur démâtage, au matin du deuxième jour, après une nuit mouvementée, a anéanti leurs espoirs. Le duo père et fils Malingri a rendu le défi autrement plus difficile, cet été, en battant le record, avec onze heures d’avance sur le chrono initial…
Nous renvoyons après l’île Maire et découvrons un Harmony 38 devant nous, rare compagnon de jeu sur un plan d’eau déserté. C’est l’occasion de rester concentré sur les derniers milles. Nous passons la ligne devant l’Harmony. Eh non, il n’y a pas de petite victoire ! Nous notons religieusement le temps effectué : 3h28mn25s. Sans notre spi capricieux, nous aurions pu faire mieux. Mais l’idée était surtout d’ouvrir le bal et de prendre du plaisir. C’est ça l’ esprit du challenge, sortir de sa routine nautique, s’initier au contre la­ montre et se frotter à meilleur que soi. Quitte à repartir, pour améliorer son chrono. Mais jusqu’à preuve du contraire, nous sommes toujours détenteurs du record 30-35 pieds.
Les jeux sont loin d’être faits, à qui le tour ?

 

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Challenge: Sous le Sunlight de Marseille (Voile Mag 253)

photo voile magazine 253

Un défi marseillais, un Pogo 30, un equipage motivé et du mistral. . . Tous les ingrédients étaient réunis pour relever le challenge de la Sunlight Islands’ Cup.

Texte: Sidonie Sigrist. Photos: Antoine Beysens.

Article paru dans Voile Magazine n°253 – janvier 2017.

SYCOM-SAILEAZY: L’UNION FAIT LA FORCE

Nous vous avons déjà parlé de SailEazy, ce concept de voiliers en libre-service développé à Marseille par Grégoire Guignon. Grâce un abonnement mensuel

Les mensualités sont variables en fonction de la période de navigation -, l’abonné accède, via une application, à une flotte de voiliers entretenus et disponibles à l’heure ou plus, pour profiter d’une fenêtre météo après le boulot. Or à l’occasion de la Sunlight lslands’Cup, la start-up s’associe avec le Sycom pour proposer une formule « challenge » sur mesure. Comment sa marche? Sai1Eazy a offert un abonnement au Sycom. Si bien que les membres du Sunlight Yacht Club of Malmou5llue pourront accéder au tarif abonné sans verser de mensualités et tenter ainsi de relever le défi. Avant de prendre la barre du Pogo 30, du First 30 ou du Sun Fast 3200, lesdits membres devront être validés « chefs de bord », à savoir justifier d’ une expérience nautique confirmée. la suite du programme est assei simple : prise en main du bateau la veille, entraînement le matin et record l’après-midi. Compter 396 € pour barrer le Pogo 30 pendant 24 heures, un tarif sans surprise incluant l’assurance, le carburant, le spi et le ménage. Une petite somme à partager entre copains pour mettre un peu de sel dans le programme de navigation!

Infos en ligne : www.saileazy.com ou par téléphone : 04 84 25 62 97.

UNCHALLENGE SE PREPARE

en amont. » Comme tout reportage», martèlerait Rubi, notre illustre collaborateur, dans un halo de fumée. Il ne s’agit pas tant d’une préparation physique – nous envisageons une boucle d’unevingtaine de milles dans la rade de Marseille, pas vraiment un tour du monde en solitaire. C’est avant tout une question d’organisation pour parvenir à accorder les agendas et bloquer des dates d’ astreinte où chacun, rivé sur les prévisions météo, est prêt à embarquer. Mais à Marseille, la fenêtre météo en cette saison, c’est souvent un hublot. une parenthèse enchantée entre la cartouche de mistral et la désolante molle. Après un faux départ en octobre, nous voilà donc début novembr,eéquipage au complet et en complet cirés. Le mistral a balayé la douceur de l’air pour l’hiver. « Ça va être génial». L’enthousiasmeinoxydable d’Antoine Beysens est communicatif. Ce Marseillais d’adoption a plusieurs casquettes mais il ne rentre dans aucune case. Photographe, il est aussi à l’origine du mythique Sycom – pour Sunlight Yacht Club of Malmousque.
Ce Yacht club, affilié à la FFV, est un balcon sur l’anse de Malmousque. La nuit venue, à l’heure de l’apéro, il devient un repère des amoureux de la mer, mais pas que. On y sirote des verres en refaisant lemonde ou la manch,ede régate. Quant à ses fêtes, la légende de pontons raconte que l’on sait à quelle heure on y arrive mais que l’on ignore souvent comment on est rentré… Entr e ses navigations et ses séances photos, Antoine a eu l’idée de créer, avec Gilles Sagot, la Sunlight Islands’ Cup il y a trois ans.
Ce record est perpétuel, ouvert à toutes les embarcations sur un parcours de près de 20 milles« balisé » à l’année.Et pour cause, il ne s’agit pas de virer à une bouée mais de contourner les îles qui décorent la rade. Le départ se situe entre la tourelle de Canoubier et l’îlot des Pendus, face à l’anse de Malmousque. Il s’agit ensuitede contourner Pomègues, Ratonneau et l’îleMaire, d’enrouler Riou et de franchir la ligne de départ à l’arrivée (voir la carte). Le parcours peut se faire dans les deux sens, seule la trace GPS fait preuve de bonne foi. Vous pouvez aussi embarquer, comme nous, Antoine Beysens pour qu’il valide votre chrono en temps réel ou trouver d’autres équipiers motivés en traînant vos chaussures de pont au Sycom (ou ailleurs).
Ce challenge a été créé pour pimenter les aventures côtières et titiller la fibre compétitive sans se prendre la tête. Mais il a aussi été imaginé par un homme boulimique d’aventureset cumulard d’histoires, toujours prêt à embarquer avec son boîtier.

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OUVRIR LE BAL DES 30-35 PIEDS

D’ailleurs, il n’a pas hésité à grimper à bord de SFS Il, le VOR 70 de Lionel Péan, le premier à boucler le parcours dans la classe des
70-75 pieds en un temps encore record de 1 h 37. D’autres ont suivi, comme Nicolas Magnan et son équipage sur la classe
des 40-45 pieds sur un Vaton 44 en 2 h 36.
Une classe Solo s’est même créée et trois temps ont déjà été enregistrés dans la classe des 40-50 pieds…
Pour notre part, pas de solo ni de Péan à la barre mais un équipage bien motivé pour ouvrir, leplus dignement possible, la classe des 30 35 pieds sur un Pogo 30, mis à disposition par SailEazy, partenaire du Sycom (lire encadré). Au casting, nous avons à la barre et à la tactique Fabrice Merle, fin régatier et habitué , entre autres, des bords en J/111; au piano et à l’ embraqueG, régoire Guignon, le cerveau du concept SailEazy; et à l’avant, Jean-Louis Jeannin, passionné de voile et amateurde défis ambitieux. Côté météo, les fichiers annoncent une bonne quinzaine de nord-ouest établi pour midi, prévision qui s’avérera pessimiste. Il nous reste donc à définir le sens du parcours. L’option nord est privilégiée, avec un départ au près afin d’abattre ensuite au large de la pointe de Banc et débouler au spi sur un ou plusieurs bords. Cette route nous permet d’éviter un retour laborieux au près, au large du Frioul, dans une mer forcément plus exposée à la houle qu’à l’abri de la rade. Nous allons emprunter le même sillage que Péan, sur une tout autre monture. Après quelques bords de chauffe et de show pour notre photographe, nous prenons le départ. A la différence d’une manche de régate, nous n’avons personne avec qui nous comparer, aucun concurrent à marque,rviser, chercher. Cela suppose d’être autrement plus concentér surl’affinage des réglageset sur la fluidité des manœuvres. Et c’est peut-êtrelà où le bât blesse. La pointe nord de Ratonneau est rapidement dépassée, nous abattons et envoyons le spi. Jusque-là, rien à signaler. Au sud de Pomègues, nous nous préparons à l’empannage,histoire de rester sur la layline et d’aller voir si les effets de sites entre les îles Maire et Jarre nous seraient favorables. Le vent a fraîchi et l’anémomètre affiche plus d’une vingtaine de nœuds. Il manque un peu d’huile dans les rouages de notre empannage mais « ça passe » comme dirait l’autre. Nous glissons désormais vers l’îleMaire, avec une belle moyenne de 12 nœuds. Et là, nous préparons notre deuxième empannage, avec une pointe d’appréhension.La partition de la manœuvre ne s’effectue pas tout à fait comme prévu. Un tangon capricieux, un coup de barre maladroit et un spi qui finit par nous jouer des tours, et des tours autour de l’étai. « Le spi, c’est comme un chien, ça sent quand tu le crains et aprèsça t’emmerde ». Passéecett e remarque pertin ente, il s’agit de faire face. Sur la plage avant, Fabrice et Jean-Louis tentent de dérouler à la main et envain: la voile s’est vrill ée serrée dans les hauteurs. Se pose donc, brièvement, la question de monter en tête de mât pour régler le problème de là-haut. « Qui est le plus léger?» fait mine de demander Fabrice en me regardant tandis que j’observe l’étai d’un air très inspiré. Mais maintenu sous la fausse panne, le spi finit par se déployer,aidé à l’avant. Nous l’ affalons partiellement pour le renvoyer aussitôt. Pendant cet épisode« étai VS spi », nous avons perdu du temps et du cap. Mais nous n’étions pas pour autant au point mort : la grand-volie nous maintenait en moyenne à 7 nœuds. Et c’est déjà ça, tente-t-onde se rassurer.

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NE RIEN LACHER JUSQU’A LA LIGNE

Après Rio u, nous affalons le spi pour dérouler le grand Congloué. Forcément, la remontée est fraîche et humide. Reste qu’au rappel, entre deux bouchées de jambon-beurre et autant d’embruns qui vous glacent par surprise, c’ est l’occasion d’en savoir plus sur ses copains de bord. Des conversations de mer forcément hachées: « parés à virer? » « Lofe, ça adonne » « tu disais? ». Calé sur les filières, Jean-Louis déroule lerécit de sa dernière tentative pour battre le record Marselile-Carthage. Dernière tentative parce qu’il avait déjà tenté le joli coup à deux reprises, avec son équipier Dominique Tamalet. Un safran casséen 2012, puis en 2013, c’é tait au tour d’Eole de saper leurs espoirs. Pas abattus pour autan t, les compèresont retenté le coup en juin 2015, sur le Hobie Cat Fox racheté à Yvan Bourgnon, jusqu’alors détenteur du record établi en 2010. Ils avaient même pris de l’avance par rapport à leur illustre prédécesseur. Mais leur démâtage, au matin dudeuxième jour, après une nuit mouvementée, a anéanti leurs espoirs. Le duo père et fils Malingri a rendu le défi autrement plus difficile, cet été, en battant le record, avec onze heures d’ avancesur le chrono initial…
Nous renvoyons après l’île Maire et découvrons un Harmony 38 devant nous, rare compagnon de jeu sur un plan d’eau déserté. C’est l’ occasion de rester concentré sur les derniers milles. Nous passons la lignedevant l’Harmony. Eh non, il n’y a pas de petite victoire! Nous notons religieusementle temps effectué : 3 h 28 mn 25 s. Sansnotre spi capricieux, nousaurions pu faire mieux. Mais l’idée était surtout d’ouvrir le bal et de prendre du plaisir. C’est ça l’ esprit du challenge, sort ir de sa routine nautique, s’initier au contre-la­ montre et se frotter à meilleur que soi. Quitte à repartir, pour améliorer son chrono. Mais jusqu’à preuve du contrari e, noussommes toujours détenteurs du record 30-35 pieds.
Les jeux sont loin d’être faits, à qui le tour ?

 

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